les portugaises ensablées
Domingo, Fevereiro 1st, 2009.

António Contador et Ângelo Ferreira de Sousa
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Les Portugaises ensablées nous rappellent au souvenir d’une oreille ou d’une huitre assourdie et empêchée par le sable, comme l’expression le souhaite. La communauté portugaise des années 50 est déjà affublée de préjugés ethniques, bien après la première grande phase d’immigration portugaise en France des années 20 et avant la seconde de 1960. Elle fuit alors un pays, dont les capacités de redressement économiques sont sérieusement mises en doutes et se disperse, s’intègre, voire disparaît.
Or ce sont bien des représentations identitaires et migratoires dont discutent Ângelo Ferreira de Sousa et António Contador dans cette installation issue d’un dialogue, des spécificités des pratiques artistiques et de la singularité de leurs rapports au Portugal comme à la France. La portugalité ne se satisfait d’aucune définition.
Le silence de la communauté portugaise en France, la dissémination résonne à la vitrine. Le caisson musical reste coi, et cependant bourdonnent la présence ou encore un à-venir de cette population, stigmatisée par un signe ou un mot celui d’une communauté qui existe sans formuler ou s’affirmer. Bien haut le bec ouvert, rouge sous le phare, le coq de Barcelos brille et bât la chamade sous la paume des passants ; le contact de la peau au cœur rend à la mémoire son caractère physique. Sociologie, politique, philosophie et esthétique vibrent en appel à la visibilité.
Sophie Orlando
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